Une récente analyse de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) remet sérieusement en question l’idée voulant que les chirurgies réalisées dans les cliniques privées soient moins coûteuses et plus efficaces que celles effectuées dans le réseau public.
L’IRIS s’est penchée sur une étude affirmant que certaines chirurgies effectuées au privé coûteraient 25 % moins cher et que les cliniques privées seraient 35 % plus productives. Or, l’analyse souligne plusieurs limites méthodologiques importantes : l’étude porte sur seulement quatre types d’interventions pédiatriques réalisées dans une seule clinique privée et comparées à un seul hôpital public. Elle ne tient notamment pas compte du fait que les cliniques privées prennent généralement en charge des cas plus simples, alors que les hôpitaux publics doivent aussi traiter les personnes présentant des situations plus complexes ou des risques de complications.
L’IRIS relève également que l’étude ajoute jusqu’à 32 % aux coûts attribués au secteur public en fonction de différentes hypothèses comptables. Cette méthode contribue fortement à l’écart observé entre les deux secteurs. À l’inverse, les données du ministère de la Santé indiquent que les chirurgies sous-traitées au privé coûtent en moyenne 35 % plus cher que lorsqu’elles sont réalisées dans le réseau public.
Cette analyse rappelle l’importance de disposer de données indépendantes et rigoureuses lorsqu’il est question de l’avenir de notre système de santé.
L’AREQ (CSQ) est fière de collaborer avec l’IRIS afin de faire la lumière sur des enjeux du système de santé qui préoccupent particulièrement ses membres et, plus largement, la population québécoise. Ces travaux contribuent à alimenter le débat public et à mieux documenter les conséquences des transformations en cours dans notre réseau de santé.




