« Les actionnaires sont peut-être les propriétaires, mais, puisqu’ils sont les plus mobiles des « parties prenantes », ils sont souvent les moins soucieux de l’avenir à long terme de l’entreprise… »
« Des économistes critiquent la législation sur le salaire minimum, les réglementations sur la durée du travail et diverses barrières « artificielles » imposées par les syndicats à l’entrée sur le marché du travail, mais rares sont ceux qui mentionnent le contrôle de l’immigration comme l’une des réglementations néfastes qui entravent le libre jeu de ce marché. Pratiquement aucun ne préconise de cesser de contrôler l’immigration. »
« De plus, en exaltant la recherche de leur intérêt personnel par les particuliers et les entreprises, nous avons créé un monde où l’enrichissement matériel les absout de toute autre responsabilité à l’égard de la société. Ce faisant, nous avons autorisé nos banquiers et gestionnaires de fonds, directement et indirectement, à détruire des emplois, fermer des usines, dégrader notre environnement et ruiner le système financier lui-même afin qu’ils s’enrichissent personnellement. »
« Néanmoins, contrairement à ce que l’on croit couramment, la quasi-totalité des pays aujourd’hui riches le sont devenus grâce à l’action de l’État. Bien conçue et correctement mise en œuvre, l’intervention de l’État peut rendre l’économie plus dynamique en augmentant l’offre de certains intrants que les marchés fournissent insuffisamment (comme la recherche-développement, ou la formation de la main-d’œuvre), en partageant les risques dans des projets à rendements sociaux élevés mais faibles rendements privés, et, dans les pays en développement, en procurant aux jeunes entreprises des industries « naissantes » l’espace où elles pourront développer leurs capacités productives. »
« De nombreux domaines de notre patrimoine commun sont aujourd’hui en état de siège – l’eau, la terre, les forêts, les pêcheries, les organismes vivants, les œuvres créatives, l’information, les espaces publics, les cultures indigènes. »
« Dans bien des cas, l’État s’empresse de conspirer avec les industriels pour les aider à accaparer les ressources en vue d’une exploitation « privée », c’est-à-dire commerciale. »
« Certes, l’université n’est pas étrangère à la concurrence et à la rivalité, mais il n’en existe pas moins une conviction, dans les cercles académiques, que le savoir ne doit pas devenir objet de propriété. Il doit être librement partagé et conservé. »
« Les administrateurs universitaires se sont lancés dans une quête effrénée des moyens de monétiser la recherche académique et scientifique. Ils ont par exemple créé des bureaux de « transfert de technologie » et courtisé les grandes entreprises pour qu’elles financent des instituts de recherche. … En outre, les entreprises sponsors réclament souvent le droit de censurer les résultats de recherche qui seraient nuisibles à leurs intérêts commerciaux. Les chercheurs et les administrations universitaires – qui ont choisi de se retrouver en pratique les partenaires de second ordre des grandes entreprises – sont pris dans des conflits d’intérêts. »
Le livre est en téléchargement libre sur le site des éditions Charles Léopold Mayer, comme tous leurs livres, trois mois après leur publication.