« Car l’État n’a en définitive pas d’autre puissance que celle que nous lui apportons… en toute méconnaissance de cause. »
« Mais c’est une longue et abstraite étiologie de la mondialisation néolibérale qu’il faudrait déployer, et avec si peu de chances de contrer l’impression première du système avéré système puisque même ses dominants apparents semblent dominés par lui : le patron-voyou est dominé par le patron de la maison mère, qui est dominé par ses actionnaires-fonds de pension, qui sont dominés… par la masse inassignable des salariés-épargnants, bouclage bien fait pour désarmer toute rébellion adressée. »
« Telle autre qui était à la limite devient communément acceptée – par exemple la tolérance à l’envahissement publicitaire, ou à la surveillance vidéo généralisée, dont les niveaux d’aujourd’hui auraient outré il ya quelques décennies… et sont intégrés comme « normaux » aujourd’hui. »
« On ne passe pas par exemple d’un salaire de grand patron de 30 fois le SMIC à 300 fois en un instant sans scandale. Mais en trente ans de dérives successives, c’est possible. »
Si l’humain est considéré rationel, force nous est de reconnaître que son jugement est souvent biaisé. Kahneman nous démontre en fait qu’il l’est bien plus souvent qu’on ne le pense et ses explications sur le fonctionnement de notre cerveau sont particulièrement éclairantes. Un autre petit cours d’autodéfense intellectuelle…
Attention, quand vous aurez ouvert ce livre, vous aurez de la difficulté à le refermer.
Passionnant ! Pourquoi l’être humain est-il cognitivement avare, pourquoi cheche-t-il à minimiser les efforts cérébraux ? Tout autant que notre corps, notre cerveau est aussi le fruit de l’évolution. Un livre fort intéressant pour qui veut comprendre comment notre jugement peut facilement être biaisé.
« Si nous étions des êtres réellement rationnels, nous … chercherions en toute occasion à collecter d’abord les informations susceptibles de nous prouver que nous avons tort, car ce type d’information est le plus précieux dans la recherche de la vérité. »
« Nous savons que certaines idées, certaines convictions politiques, sont moins respectables que d’autres. Nous savons aussi qu’il est possible de les critiquer, parfois violemment, sans cesser d’accorder à ceux qui les défendent le plein et entier respect que tout individu doit recevoir. Même si ça n’est pas toujours facile ! Or, quand il s’agit des croyances religieuses, généralement inculquées dès le plus jeune âge à des esprits sans défense, la société en appelle à un respect irrévocable et… univoque. »
En s’appuyant sur de nombreux exemples de notre quotidien et dans un style très vivant, l’auteur met en lumière notre rationalité limitée.
« l’esprit humain est, à l’instar du corps, le produit de l’évolution biologique »
« Pourquoi se réfère-t-on à ce qui confirme nos croyances plutôt qu’à ce qui les infirme ? Pourquoi a-t-on des comportements irrationnels ? L’auteur nous l’explique avec humour. » Psychologie Magazine, 1er décembre 2018
Ariely nous démontre à l’aide d’expériences notre côté irrationnel. Parce qu’on ne peut pas régler un problème si on n’est pas d’abord conscient de son existence, il faut lire Ariely…
« malgré son omniprésence, l’irrationalité n’est pas une fatalité. Si nous arrivons à déterminer à quel moment nous faisons erreur, alors nous pourrons nous efforcer à davantage de vigilance, à une nouvelle approche de nos prises de décision, ainsi qu’à un meilleur usage de la technologie pour vaincre nos défauts inhérents. En appliquant ces réflexions au monde politique et à celui des affaires, on réussira peut-être à générer des lois et des produits qui nous permettront de progresser. »
« H. L. Mencken, le grand journaliste, satiriste, critique social et libre-penseur du XXe siècle, expliquait, non sans cynisme, qu’un homme n’est satisfait de son salaire que s’il gagne plus que son beau-frère. »
« Ce principe de base s’appliquerait également si le gouvernement décidait d’instaurer une taxe doublant le prix de l’essence. La théorie économique traditionnelle affirme que cela entraînerait une baisse de la demande. Dans un premier temps, certes, les gens compareraient les nouveaux prix à leurs ancres, et n’en croiraient pas leurs yeux. Peut-être réduiraient-ils leur consommation… Mais à long terme, une fois que les consommateurs se seraient ajustés aux nouveaux prix, et donc aux nouvelles ancres, la consommation d’essence retrouverait un niveau proche de celui d’avant la taxe. »