L’AREQ (CSQ), qui représente plus de 60 000 personnes retraitées à travers le Québec, réagit au budget 2026-2027 présenté aujourd’hui par le ministre des Finances, Éric Girard.
Dans un contexte marqué par le vieillissement accéléré de la population et une pression persistante sur le coût de la vie, l’AREQ constate que ce budget s’inscrit dans une approche de prudence budgétaire qui répond très partiellement aux besoins des personnes aînées.
Une réponse insuffisante aux enjeux du vieillissement
Le budget prévoit certaines mesures qui concernent indirectement les personnes aînées, notamment un investissement de 136 millions de dollars sur quatre ans pour soutenir les personnes proches aidantes, ainsi que la prolongation du programme d’aide aux résidences privées pour aînés afin de limiter l’impact des hausses de primes d’assurance sur les loyers.
Toutefois, ces mesures ne constituent pas une réponse structurante aux défis bien documentés liés au vieillissement de la population.
« Les besoins des personnes aînées sont connus, documentés et en croissance. Ce budget demeure en deçà des investissements nécessaires pour y répondre de façon durable », affirme la présidente de l’AREQ, Micheline Germain.
Soutien à domicile : toujours en attente d’un véritable virage
L’AREQ déplore l’absence de nouvelles mesures significatives en matière de soutien à domicile, malgré les orientations récemment annoncées par le gouvernement.
Aucun investissement structurant n’est prévu pour soutenir la mise en œuvre de la politique Mieux chez soi, pourtant centrale au virage annoncé vers le maintien à domicile.
« Le virage vers le maintien à domicile est reconnu depuis des années. Encore faut-il se donner les moyens de le réaliser. Pour l’instant, l’écart entre les intentions et les actions demeure préoccupant », affirme Micheline Germain.
L’AREQ rappelle également que le virage vers le soutien à domicile ne peut reposer uniquement sur les proches aidants. Il est essentiel d’investir dans le réseau public afin de soutenir l’embauche et le maintien du personnel, et ainsi répondre adéquatement aux besoins des personnes qui ne peuvent compter sur un proche aidant, et ce, dans toutes les régions du Québec. Nous insistons pour que ces services soient offerts prioritairement par le réseau public, plutôt que par un recours accru au secteur privé.
Pouvoir d’achat : des mesures en deçà de la réalité vécue
Malgré de minimes interventions en matière de logement, notamment des investissements pour la construction et la rénovation, l’AREQ estime que le budget n’en fait pas suffisamment pour soutenir concrètement le pouvoir d’achat des personnes retraitées.
« Les personnes aînées vivent avec des revenus fixes. Elles sont parmi les premières à ressentir les effets de l’augmentation du coût de la vie », rappelle la présidente.
L’AREQ souligne que les logements, dits abordables, ne garantissent pas une accessibilité durable, puisque leurs coûts tendent à suivre les hausses du marché au fil du temps. Elle déplore également l’absence de mesures ciblées pour permettre aux personnes aînées de se loger dans des milieux sécuritaires et situés à proximité des services essentiels.
Un budget de continuité, peu structurant
Dans l’ensemble, l’AREQ estime que le budget 2026-2027 s’inscrit davantage dans une logique de continuité que de transformation.
Peu de nouvelles mesures structurantes sont proposées, et les investissements annoncés apparaissent limités dans un contexte où les besoins sont en croissance.
« Ce budget donne l’impression de faire du surplace. Les gestes posés ne sont pas à la hauteur des défis auxquels le Québec est confronté, notamment en matière de vieillissement de la population », déclare Micheline Germain.
Une rigueur budgétaire qui soulève des préoccupations
Alors que le gouvernement maintient sa trajectoire vers le retour à l’équilibre budgétaire d’ici 2029-2030, l’AREQ insiste sur la nécessité de protéger les services destinés aux personnes aînées.
L’AREQ s’interroge sur la capacité réelle du gouvernement à financer adéquatement ses engagements, notamment dans un contexte où la demande pour les services de soutien à domicile et pour l’appui aux proches aidants est appelée à augmenter de façon importante.
« La rigueur budgétaire ne doit pas se faire au détriment des personnes aînées. Le vieillissement de la population est une réalité prévisible qui doit guider les décisions dès maintenant », souligne la présidente.
Des priorités claires pour l’AREQ
L’AREQ réitère que les décisions gouvernementales doivent s’appuyer sur deux priorités claires, soit un véritable virage vers le soutien à domicile et la mise en place de mesures concrètes pour protéger le pouvoir d’achat des personnes retraitées.
« Vieillir dans la dignité doit se traduire par des choix budgétaires cohérents, structurants et à la hauteur des besoins des personnes aînées », conclut Micheline Germain.
À propos de l’AREQ
L’AREQ, le mouvement des personnes retraitées CSQ, regroupe plus de 60 000 membres à travers la province. L’AREQ (CSQ) défend les droits des personnes aînées, promeut le vieillissement actif et collabore à la création de milieux de vie inclusifs et accessibles.
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Source :
Louis-Jérôme Doran, conseiller aux communications et relations publiques, AREQ (CSQ)
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